Belles images…

Depuis le célèbre « Violon d’Ingres » de Man Ray (1924) jusqu’au portrait de « Nancy Dinovo » signé Christopher Morris (2001), je ne me lasse pas de découvrir de quelle manière les « capteurs de lumière » révèlent le plus lumineux des instruments : le violon (et ses cousins). Parmi les photos présentées ci-dessous, il y a de tout. Il y a les virtuoses, qui sont un peu à la photo ce qu’une Hora tzigane est au violon. Il y a celles qui, comme un vieux collectage mal assuré, s’imposent par l’humanité dont elles témoignent. Il y a les compositions complexes, sortes de Ragas photographiques. Il y a les photos qui ont du grain, comme le violon des yaylas de Turquie… Bref, en photo comme en musique, il y en a pour tous les goûts ! Et comme il faut bien commencer quelque part, voici un premier cliché pour ceux qui ont le goût de la plaisanterie… « Le chien qui pisse dans un violon » de Robert Doisneau.

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Beaucoup moins drôle, la violoniste « Nancy Dinovo » pendant un hommage aux victimes du 11 septembre. Photo de Christopher Morris.

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Sous le déclencheur du grand Robert Capa, c’est au tour du cousin cello d’être associé à la plus vive tristesse. Que voir dans la proximité de l’instrument et de ce regard ? Peut-être la proximité du beau et du laid… Le beau d’avant, quand cet artiste officiait dans l’Orchestre Philharmonique de Barcelone. La laideur du moment présent, dans ce camp de concentration pour réfugiés espagnols en France. L’occasion de faire une petite parenthèse historique : « En 1939, lorsque les troupes franquistes, appuyées par l’Allemagne nazie et l’Italie fasciste, s’emparent de la Catalogne, encore républicaine, les réfugiés espagnols arrivent dans un pays devenu inhospitalier ; ils inaugurent la longue et triste histoire des «camps de concentration» français, comme les dénomment alors les documents administratifs. » extrait d’un article paru dans Libération.

FRANCE. Bram. March, 1939. Former member of the Barcelona Philharmonic at a concentration camp for Spanish refugees.

Rêvons un peu… Imaginons que ce réfugié recouvre sa liberté, enfourche son vélo, direction les Pyrénées et puis son Espagne. La photo est signée par le mythique Henri Cartier-Bresson. Notons qu’aujourd’hui, à l’heure du numérique, des millions de pixels, des stabilisateurs et des cartes mémoires, une photo aussi floue finirait à coup sûr à la corbeille. Amis photographes, la qualité technique d’une photo c’est une chose, la qualité de l’histoire s’en est une autre ; et la seconde vaut bien la première (vous m’avez suivi ?)…

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Tout le monde se souvient de l’ « Afghane aux yeux verts » qui fit le Une de National Geographic en 1985. Du même photographe, Steve McCurry, voici un extrait de la série « Wathever the Elements ».

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Et voilà Kiki de Montparnasse, sous l’œil fantasmatique de Man Ray

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Et l’objet dérivé qui va bien : le corset Violon d’Ingres !!!

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On reste de dos ! Artiste contemporain, travaillant aussi bien à la photo de presse qu’à son œuvre personnelle, Pascal Bastien m’a gentiment offert ce cliché (Coulisse d’une tournée, Lugano, 2004) après que je lui ai parlé de mon blog sur les violons du monde. Les années passées auprès de l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg ont guidé l’œil du photographe vers ce dos de violoniste, tout à la fois dolent et impétueux.

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Son nom n’est pas très connu, mais l’un de ses clichés est pourtant hyper célèbre. Lewis Hine a la paternité de ces impressionnantes prises de vue d’ouvriers assis au sommet de l’Empire State Building pendant sa construction (je suis certain que vous voyez l’affaire). Et bien Lewis Hine a aussi croisé la route de ce petit garçon, dans les rues de Belgrade à la fin de la Première Guerre Mondiale (au moment de Noël, semblent indiquer les commentaires trouvés sur le Net).

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D’origine Russe, naturalisé Américain, Ben Shahn a pas mal photographié les musiciens populaires de l’Amérique rurale, en témoigne ce très joli portrait. C’est à cela que je pensais, quand je parlais de photos « malhabiles » mais pleines d’Humanité et de spontanéité ! Des témoignages de moments de vie, comme le sont les archives sonores de collectages.

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Deux perfections réunies : l’objectif du portraitiste Yousuf Karsh et les doigts de Yehudi Menuhin.

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Et on termine par un artiste contemporain : Benoit Courti, spécialiste des Low Key noir et blanc.

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Je rajoute ce combo autour de la contrebasse, qui vient d’obtenir la 14e place au Championnat de France de la Photo !

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Mathieu ROSATI

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